
Je me rappelle un joli matin de printemps. Eh oui, un matin ça m'arrive !. Le problème avec le matin c'est que c'est toujours trop tôt.
Donc je débarque chez un copain de collège pour défendre mon titre de champion du quartier sur la sainte table de ping pong de mon poto, et là il me dit :
« Viens écouter ça !! » , Jui dis « Quoi ? », il insiste : « Viens écouter ça !!! »
Un certain "Sultans of Swing" yyeaahhhhh!!!! Putainnnn ouai ça swing, ça groove, ça déchire, waouh je sais pas combien de fois j'ai pu l'écouter ce truc depuis, mais ça a changé ma vie d'apprenti zicos que je n'étais pas encore.
Quel kiff, et le solo de gratte à la fin, les premiers solos de manche à balais devant le miroir de la salle de bain.
S’en suis une avalanche de sons qui me donnent toujours le frisson : "Johnny be good", "Should i stay or should i go" et tous les pogos en boum, "Rooooxannne!!!" etc.
Puis au lycée la grosse baffe, mais la méchante grosse baffe qui a fini par avoir raison de la patience de mes profs, fatigués de me voir fusionné à mon walkman : un certain Jimi Hendrix responsable de la fin prématurée de mes études (oui je sais, c'est facile) : ni plus ni moins le plus grand artiste de l'histoire du rock qui m'emmena inéluctablement dans l'hyper espace en compagnie de Janis, Jefferson Airplane, Rory Gallagher, Vaughan Family, Ray Charles et tous les Kings du Blues, toute la génération Woodstock, Alvin Lee, Sweet Smoke, Led Zep, The Doors, James Brown, Dr Feelgood, the Branling Stones et autres Scarabées, jusqu'à atterrir sur une planète étrange : la planète Pink Floyd...
Et là blocage. Bloqué d'abord plusieurs mois juste sur un album, à la limite de l'autisme, un certain The Wall, à en apprendre toutes les paroles par cœur, tous les plans guitare, à revoir en boucle le film d'Alan Parker (par cœur) et finir par découvrir qu'il y a 23 autres albums studio si ma mémoire est bonne, et s'enchaine Animals, Dark Side, Atom Heart, Meddle, Wish You, Pompei, Momentary, etc. , jusqu'à l'apogée : le concert au château de Chantilly, à en chialer tellement c'était bon (on en remettra une petite couche en mai 2011 avec un petit The Wall à Bercy).
Et puis j'ai découvert R.o.P.E., un soir de fête de la musique, j'en était presque jaloux tellement ils étaient bons ces enfoirés de petit groupe amateur, jusqu'à ce qu'ils cherchent un deuxième guitariste, "allehlouyaaaa!!!! et ils ont eu la gentillesse et la bonne idée de me proposer une petite audition, à moi petit gratteux passionné mais totalement inexpérimenté et honteux d'oser jouer du Gilmour sans me rendre compte que je m'attaquais à la musique de l'un des plus grands guitaristes que la terre ait connu.
Mais c'était sans compter sur la jovialité de ce petit groupe d'imbéciles heureux tout simplement passionné et animé par une soif commune de jouer et de partager cette musique inimitable et surtout fusionnelle.
Fusionnelle car Pink Floyd c'est avant tout les individualités virtuoses de chaque musicien au service d'une musique, d'une symphonie moderne qui touche plusieurs générations.
Je crois que c'est inutile d'en dire plus quand on est touché par le Floyd, les aficionados se reconnaitrons, et s'ils prennent plaisir à nous écouter c'est que l'on a réussi : perpétuer la légende du Floyd dans l'humilité et la passion comme on déguste un bon vin hérité de notre grand père.